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théâtre populaire avec internet pièces en accès gratuit internet : le théâtre ouvert à toutes et tous Suivre le flux des infos :
SUIVRE ET ABONNER L'argent n'est plus un frein au développement populaire du théâtre. Des pièces en accès libre et gratuit pour mieux permettre la circulation des pièces écrites par des dramaturges loin du microcosme des installé. Quelques début de pièces : La libraire, debout derrière sa table, regarde sa montre, sennuie. Olivier et Mayline ont rapproché leur chaise et discutent. Ils se connaissent depuis une quinzaine dannées, ont débuté ensemble les salons du livre dans leur région... Mayline : - Je crois que ce midi, quand on reviendra de manger, tes slogans auront disparu. Olivier : - Elle nosera jamais. Mayline : - Tu as vu comme elle te regarde ! Olivier : - Elle nose pas me demander un autographe ! Mayline : - Tu as quand même la grosse tête. Olivier : - Au moins 97% des personnes qui me critiquent seraient prêtes à se compromettre dix fois plus que moi pour la moitié de ma notoriété. Mayline : - Je me souviens de nos débuts... Olivier : - Pour les organisateurs, jétais un jeune con inconnu, donc ils me méprisaient, me toléraient uniquement comme animateur obtenu gratuitement pour leurs petites agitations locales. Maintenant, je suis un vieux con, un peu connu, alors ils me courtisent ! Ils croient important de pouvoir piailler « nous avons obtenu la présence du grand écrivain et auteur de chansons ! » Mayline : - Et tu en profites. Olivier : - Tu crois peut-être que je suis dupe ! Ils mont invité pour éviter mes critiques sur le site du département. Cest même pas leur choix, cest le Conseiller Général, il espère être épargné ! Mais enfin, Mayline, ce nest pas sérieux tout cela (il montre livres et CDs). Le jour où tu crois pouvoir te reposer sur ce que tu as fait, autant aller garder des moutons au Burkina Faso ! Mayline : - Mais je croyais que tu ne participais plus à ce genre de salon. Olivier : - Je collectionne les invitations ! Tu veux connaître le montant du chèque ! Mayline : - Quoi, ils tont payé ! Olivier : - Et remboursement des frais de déplacement, hôtel hier soir et ce soir ! Mayline : - Tu déconnes ! Tu es à quarante kilomètres. Olivier : - Hé alors ! Tu ne sais pas quun écrivain a besoin dune bonne nuit avant daffronter un salon exténuant ? Mayline : - Et en plus ils tont payé ! Olivier : - Et toi, tu es comme moi avant ! Tes frais de déplacement sont de ta poche, tu payes ton repas du midi... Mayline : - Pas toi ! Olivier : - Ce serait mesquin ! Et tu as payé ta place ! Tu comprends pourquoi il y a quelques années, jai décidé de boycotter les salons. Mayline : - En plus, cest quand tu étais rmiste, que ça taurait été utile dêtre payé. Maintenant, jai limpression que cest une goutte deau. Olivier : - Jai depuis longtemps conceptualisé les conneries de la culture officielle, avec mon « non aux subventions ». En plus la chanson est une vraie pompe à fric ! Mayline : - Cest pas pour critiquer ! Tu me connais ! Mais parfois tu ne te casses pas ! Olivier : - Quand tu es connu, tu es sollicité et personne nose te dire non quand tu rends ta copie. Si ça se vend, tu es encore plus sollicité alors tu écris encore plus vite ! Le seul critère cest la vente. Ça laisse du temps pour écrire des livres ! Mayline : - Faire du fric pour être tranquille, comme tu résumes. Olivier : - Cette année mes seuls revenus internet me permettraient de vivre sans vendre le moindre livre. Alors que lannée prochaine, si je navais pas la chanson, je retomberais peut-être rmiste ! Il faut avoir conscience de la précarité de tout cela. Même la chanson finalement. Il suffit de trois bides consécutifs et ils feront appel à dautres ! Si je vivais comme une star, un jour cest sûr tu me verrais pleurer mes belles années ! Mayline : - Tu as remboursé depuis longtemps par tes impôts ce que tu as touché du Rmi. Olivier : - Un jour les jeunes écrivains seront cotés en bourse. Tu te rends compte, si tu avais pris des actions du jeune écrivain, tu pourrais arrêter de travailler. Mayline : - Mais si tu avais pris les miennes ! De toute manière, tu le sais, je suis contre le capitalisme. Olivier : - Pendant des années tu as vécu comme une française moyenne alors que jétais rmiste. Il faut bien quil y ait une certaine logique. Etre écrivain cest à plein temps ! Mayline : - Une française moyenne, tu exagères ! Si je ne te connaissais pas je te prendrais pour un pistonné qui ny connaît rien à la réalité ! Olivier : - Jai simplement observé le monde tel quil est. Et jai essayé de trouver la meilleure solution. Mayline : - Mais moi, si je refuse quon se foute de ma gueule, je fais quoi ? autre début : Paul : - Vous savez pourquoi il a pris un pseudonyme ? Corinne : - Parce quun pseudo, ça donne un genre. Christophe : - Cest simple : lui qui se croit si grand, ne pouvait plus supporter de vendre des livres sous le nom de Petit. Corinne : - Olivier Petit, cest vrai, on ne peut pas plus banal... Donc ça collait parfaitement à ses textes ! Paul : - Oh Corinne ! Même moi je naurais pas osé. Corinne : - Allez, toi qui as toute une journée été le voisin de sa sainteté le plus jeune dentre nous, dis-nous pourquoi il édite désormais ses (avec emphase) « oeuvres » sous pseudo. Paul : - Un peu de tout ce que vous avez suggéré, naturellement, on le sait tous, mais il ma avoué la raison principale. Corinne : - Et tu las cru ? Paul : - Ça ne signifie évidemment pas quil sagit de la vérité, mais on peut affirmer quen ce samedi il voulait que je retienne cette version. Corinne : - Donc, comme tout chez lui, cest du préfabriqué, cest de la mise en scène. Paul : - Là, je ne lui donne pas tout à fait tort, noublie pas la manière dont Jean Cocteau définissait le roman, (en appuyant fortement :) un mensonge qui dit la vérité. Christophe : - Mais sil était romancier, ça se saurait. Corinne : - Je suis quand même allée jusquà la page 52 de son premier roman... Vous pourriez mapplaudir ! Christophe : - Tas quand même pas acheté son bouquin !... Alors que tu nachètes jamais les miens ! Corinne : - Bin si !... Mais sans illusion littéraire... Je suis naïve peut-être, je pensais quen contrepartie il parlerait de moi sur internet. Christophe : - Et il a encaissé ton blé, en liquide forcément, je connais loiseau. Et sur ses sites il ne parle que de lui, veut se faire passer pour un vrai écrivain. Corinne : - Ecrivain multi-facettes ! Christophe : - Fossettes on dit, multi-fossettes (personne ne prêtant attention à sa remarque, il laisse échapper une moue de déception). Paul : - En fait, il sessaye un peu à tout, après la poésie, les nouvelles, la chanson, je nose dire, vu le niveau, le roman, et monsieur nous annonce ses ambitions théâtrales ! Il est plus à plaindre quà moquer ! Ça doit être terrible, dêtre nul en tout ! Corinne : - Tu devrais être critique littéraire ! Paul : - Je lai été... Dans ma jeunesse... Après avoir arrêté lenseignement. Mais jen ai eu vite marre décrire de bons articles sur de mauvais livres. Christophe : - Comme Corinne avec lautre, tu espérais le renvoi dascenseur ! Corinne : - Cest notre maladie ça, on rêve ! Christophe : - Moi jai compris depuis longtemps : jai aussi aidé les copains mais à chaque fois je passais pour un con. Cest triste mais cest chacun pour soi dans ce milieu ! On est des loups ! Corinne : - On le sait Christophe, que tu as pompé trois sites internet pour écrire ton dernier livre et maintenant tu passes pour un spécialiste du loup ! Encore un effort et tu seras invité à la télé ! Prépare ton déguisement ! Christophe : - Je dirai plus rien. A chaque fois que je fais une confidence, ça me retombe sur le coin de la gueule ! Mais merde, au prix où je suis payé, je vais quand même pas partir quinze jours en Autriche observer des loups ! Et puis merde ! Tout le monde fait comme ça dans le livre documentaire ! Surtout pour enfants ! Ya pas que lautre cinglé qui sache utiliser internet ! Corinne : - Reverse-lui un verre, sinon il risque de se métamorphoser en loup (Paul ressert un apéritif, ils trinquent). Paul : - Ça ne vous intéresse pas, alors, pourquoi il est passé de Petit à Ternoise, notre futur partenaire de belote. Corinne, en souriant : - Si si, naturellement, cest passionnant davance, dépêche-toi avant quil narrive, cest une information essentielle. Paul : - Ah ! Corinne ! Est-ce que moi je lui en veux de son acrostiche disons déplacé. Corinne : - Il sest même essayé aux acrostiches ! Mais toi... dès quun mec est plus jeune que toi, tu tenflammes. Paul : - Je menflamme, je menflamme... Nettement moins quavant... Même pour ça je vieillis... Christophe : - Tout plutôt que la vieillesse ! Allez parle-nous du pseudo... Le pseudo, le pseudo (se met à chantonner), le pseudo, le pseudo... (accompagné par Corinne au troisième) Paul : - Puisquà lunanimité... Mais promettez-moi de ne pas lui rapporter que je vous ai raconté sans exposer ses arguments alors déclamés comme les émanations dun maître incontesté. Corinne : - Tu nous connais. Christophe : - Allez, de toute manière, il ne doit pas avoir dillusion sur notre estime, même littéraire. Paul : - Détrompe-toi ! Je suis certain quil est persuadé dêtre le meilleur dentre nous et quon le considère même ainsi. Corinne : - Ça mrappelle quelquun, « le meilleur dentre ». Paul : - Mais quest-ce quil devient ce... Ah !... Il a été notre Premier ministre et je ne me souviens même plus de son nom... Comme quoi il ma nettement moins marqué que ce cher et si romantique Charlus... Corinne : - Alain. Alain Juppé. Christophe, chantonne : - Le million. Le pseudo, le pseudo... Paul : - Donc ? Selon notre brave collègue, la lettre P étant déjà occupée par PROUST, il lui fallait une lettre où il pourrait trôner pour des siècles et des siècles. Corinne : - Cétait une boutade, quand même ! Faut être réaliste parfois ! Paul : - Tu sais, il a nettement plus dorgueil que dhumour, ce petit. Christophe : - A la lettre T, il doit bien y en avoir tout un wagon qui passe devant lui. Corinne : - Tu veux dire que même le train, en faisant Tchou Tchou, sinscrit plus dans la littérature que lui. Paul, en riant : - Oh Corinne ! Tchou Tchou ! Tu devrais écrire du théâtre ! Corinne : - Mais jen ai écrit. Trois pièces même. Paul : - Ah ! (il joue lintéressé) Et elles ont été représentées ? Corinne : - Pas encore. Jespère bien quand même, quun jour. Javais un contact au Québec... Christophe : - Mais il a pris froid ! Paul : - Moi jen écris plus, jai peut-être tort, puisque ma pièce diffusée sur France-Culture avait eu dexcellentes critiques. Mais on ne me demande plus rien... Sinon jai bien quelques idées... Corinne : - Jaurais bien aimé avoir ton avis de professionnel sur mon théâtre. Paul : - Il faut le publier ton théâtre... Ou la prochaine fois, apporte-moi une copie de tes manuscrits, dédicacée « à Paul avec mon admiration ». Corinne : - La tentation de Ouaga... Le modeste et néanmoins peut-être génial livre que je tai échangé lannée dernière contre ton roman, cétait ma troisième pièce... Paul, gêné : - Corinne... (on sent quil réfléchit) Il faut que je tavoue. Javais un copain, un petit jeune, un apprenti maçon avec des muscles, mignon mais mignon, je te dis pas... Je ne ten ai jamais parlé, je nai pas vraiment eu le temps il faut dire, il passait pourtant souvent. Le soir même du salon du livre de notre échange, je men souviens comme si cétait hier, le ciel était dun bleu à réveiller les tulipes ; il a ouvert ton livre, il devait sentir le génie. Corinne, en souriant : - Le génie se sentait dans la pièce... Tu veux dire. Paul : - Je me souviens très bien, il ma dit, ah !, je revois encore sa petite frimousse, son petit sourire coquin quand il ma dit « Mais ça a lair super, vraiment super. Ah ouais ! Je peux te lemprunter ? » Naturellement, tu me connais, je ne pouvais pas réfréner sa soif de connaissances. Il mavait promis de me le ramener la semaine suivante, parce que moi aussi jétais impatient de te lire, et le petit scélérat, il ne me la jamais rendu. Corinne : - Selon toi, jai donc de lavenir dans le théâtre ouvrier. Paul : - Au fait, tu as apprécié mes... Nouvelles ? Corinne, sourit, un peu gênée à son tour : - Si je te jure quune copine me les a empruntées à long terme, connaissant ma vie sexuelle, tu ne me croiras sûrement pas... Christophe : - Jure sur la tête de lautre ! Corinne : - Mais cest terrible, je nai plus le temps de lire, jécris durant les congés, et le reste du temps, quand je rentre le soir, je suis crevée, alors je me dis, vivement vendredi, et le vendredi, ah ! enfin le week-end, mais il me faut maintenant tout un week-end pour récupérer... Je crois que je vieillis aussi... Christophe : - Tu ne vas pas ty mettre aussi. Paul : - Je te lai toujours dit, tu aurais dû faire comme moi. Enseigner, ça te bouffe la vie. Je ne regrette nullement mes sept années denseignement mais cétait amplement suffisant. Corinne : - Déjà que je narrive pas à vivre avec un salaire, alors, le Rmi... Paul : - Je suis certain, même financièrement, je men sortirais pas mieux avec un salaire. Tu vois, le Rmi, ça laisse vachement de temps. Et puis de temps en temps, janime un atelier décriture. Christophe : - Avec tes acrostiches en plus, tu dois être le plus riche dentre nous. Corinne : - Mais je nai aucun talent pour les acrostiches. autre début : Natalia seule dans la salle de réception. Elle marche de long en large, tout en regardant sa montre, inquiète. Natalia, en arpentant la scène : - Je ne marche pas par nécessité. Mais ça me calme ! Calme-toi Natalia, puisque tu marches ! Tu fais tout ce quil faut pour recouvrer ton calme légendaire. Respire ! (elle respire profondément) Oui, avec le ventre, cest bien... Elle continue en silence à marcher, inspirer et expirer profondément. Natalia : - La première va arriver... Elle va arriver, jen suis certaine... Tout va encore foirer et ça va retomber sur qui ? Sur ma tronche comme dhabitude... Je ne me suis quand même pas trompée de jour ? (elle prend une chemise sur le bureau, louvre...) Ce serait une belle histoire à raconter ! (elle sourit) Natalia panique mais elle sétait trompée de jour !... Non, cest bien aujourdhui... Larnaqueur de fleuriste a livré ce matin, donc cest bien aujourdhui !... Et la première va arriver. (silence) Mais quest-ce quil veut se prouver ! Il a tout : largent, la gloire, sept résidences secondaires, deux Porsche, une Ferrari, un 4x4, des vignes, des autruches, des bisons, des enfants. Comme elles sont belles ses filles ! Pauvres petites filles riches, va ! Comme ça doit être invivable, fille de star !... Pratique, génial, inespéré. Mais invivable après 17 ans !... Le fou ! Tout ça à cause de quelques rides ! Quest-ce quil croyait ! Un jour même la chirurgie esthétique ne peut plus rien ! Et de lautre, qui samuse, avec ses parodies. Quel impertinent ! Mais comme cest drôle ! (elle éclate de rire) Après tout, je men fous si tout foire. Pierre qui roule namasse pas mousse ! (elle lance la chemise sur le bureau ; peu importe si elle atteint sa cible) Natalia philosophe, parfaitement (elle se vautre dans le canapé) Si jétais star, je crois que, moi aussi jaurais des caprices de star. (de sa main droite elle mime un éventail) Mais pas sept ! On Sonne. Natalia : - Oh peuchère ! Enfin ! Il a fini de se maquiller ! Oh ! Les lumières !... Elle se lève, se précipite sur les interrupteurs après quelques essais transforme la pièce, qui devient très intimiste et fonce vers la porte, sarrête, souffle, ouvre, sapprête à sauter au cou de son idole... (même si elle est salariée de « lassociation », elle reste fan) Cest Aurélie... Natalia sarrête net. Aurélie, un petit sac en main, surprise : - Je suis la première ? Je suis un peu en avance ? Natalia, se reprenant : - Entrez, entrez, Aurélie. Aurélie : - Comme vous connaissez mon prénom, jen déduis que je ne me suis pas trompée dadresse (elle observe le décor, quelle doit juger très... intimiste). Natalia : - Entrez, entrez, Aurélie. Antonin devrait être là, il a... un léger retard. Aurélie : - Ah, je comprends, cest lui que vous vous apprêtiez à accueillir dune manière aussi fougueuse ! Natalia : - Mais non, mais non... Jai glissé. Aurélie, en souriant : - Et je suis la première ? Natalia : - Naturellement... Je veux dire, vous pouvez le constater. Natalia referme la porte. Aurélie : - Oh ! La première guitare ! Natalia : - Cest même pas vrai... (se reprenant) Oui, la première guitare dAntonin (comme si elle récitait) sur laquelle, seul dans son jardin, il a composé ses premiers succès. Aurélie : - Oh ! Comme cest touchant de la voir en vrai. Natalia : - Je vais le rappeler... (elle sort son portable dune poche et appelle ; à Aurélie :) Cest toujours son répondeur. Cest son répondeur depuis une heure. Je lai bien déjà appelé dix fois (elle range son portable). Aurélie : - Jespère quil ne lui est rien arrivé de grave ! Ce serait trop bête ! Jai tellement rêvé de cet instant ! Rencontrer Antonin ! Pouvoir lui parler comme je vous parle... Natalia : - Parler, parler, ce nest pas son fort, à lAntonin ! Aurélie : - Pourtant, à la télé, il a lair toujours tellement à laise, et si calme, si souriant... Natalia : - Avec un prompteur, tout le monde serait comme lui ! (face au regard interloqué dAurélie, Natalia réalise quelle sexprime devant une lauréate) Mais non ! Je plaisante ! Nous sommes dans le sud-ouest ici, nous avons la galéjade facile. Aurélie : - Je croyais que la galéjade, cétait à Marseille. Natalia : - Je voulais dire la gasconnade. Aurélie : - Gasconnade, Gascogne, Gascon, cest donc vrai : le caractère des Gascons était très haut en couleur ? Cétait bien au temps de la langue dOc ? Après lempire romain ? Natalia : - Je suis là pour vous accueillir. Loffice de tourisme cest à côté... Je vous lai dit, la Garonne nous irrigue, donc nous avons la plaisanterie facile. Comme vous êtes de Paris, vous ne comprendrez pas toujours ! Aurélie : - Je suis de Châteauroux. Natalia : - Je le sais parfaitement, 28 ter rue Romanette Boutou. Mais pour nous, au-dessus de Brive, cest le pôle Nord. Aurélie : - Cest une gasconnade ! Natalia : - Vous comprenez vite... Jallais ajouter pour une parisienne ! Je vous bouscule un peu, cest juste pour noyer mon anxiété ! Je noie mon anxiété dans la Garonne ! Je vous lavoue sans chinois, sans chichis même : je ne comprends pas pourquoi Antonin nest pas à ma place et moi derrière la caméra. Aurélie : - La caméra ? Natalia : - Euh... Oui pour vous offrir la cassette de votre rencontre. Aurélie : - Ah ! Quelle délicatesse !... Comme cest touchant. Et vous travaillez depuis longtemps avec Antonin ?... Je me permets de dire Antonin, parce que sur son courrier si poétique, il notait : « Appelez-moi Antonin quand nous aurons la chance denfin croiser nos regards. » Natalia : - Cest plus intime. Antonin avec un A comme Amour ! Cest toujours mieux que son véritable prénom ! Aurélie : - Comment ? Antonin est un pseudonyme ? Natalia : - Quest-ce qui vous fait penser cela ? Aurélie : - Vous !... Pourtant jai lu toutes ses biographies et pas une ne signale un pseudonyme. Natalia : - Il faudra vous y faire ! Ici on cause avec des images. Aurélie : - La terre du grand poète. Natalia : - Comme recopient les journalistes ! Aurélie : - Comme je suis heureuse dêtre ici ! Je me demandais si cétait lui qui allait mouvrir. Comme jaurais été intimidée ! Natalia : - Il doit y avoir des moustaches dans le bureau. Tu veux que je les mette ? Aurélie : - Cest une gasconnade ? Natalia : - On est dans le show-biz ici, après cinq minutes on se tutoie, après sept on sembrasse sur la bouche. Aurélie se recule. Natalia : - Cest une des célèbres phrases de notre poète local ! Les aphorismes du moustachu ! Il devrait être là, nous voguons à vue, nous sommes en totale improvisation. Et je naime pas ça ! (elle ressort de sa poche son portable et le rappelle). Toujours la messagerie. « Antonin, la première lauréate est impatiente de te voir en chair et en os. Et plus si affinités » (elle pose son portable sur la table). Aurélie : - Encore une gasconnade ! On sonne. Natalia : - Ne rêvez pas, je nai pas refermé à clé ! Quand il est en retard, avant de sonner, Antonin tourne toujours la poignée pour entrer discrètement, avec son petit air denfant de choeur pris en faute avec le verre de vin blanc de monsieur le curé aux lèvres ! Aurélie : - Ah ! Natalia : - Ma mère la vu enfant de choeur, cétait en... (se reprenant) Je vous parie que cest Brigitte, 42 rue Pasteur, une de vos co-lauréates. Aurélie : - Vous êtes voyante ? Natalia : - Les gasconnades de Châteauroux, cest comme un Antonin sans moustaches. Natalia va à la porte, ouvre. Natalia : - Bonjour Brigitte. Brigitte : - Je suis en avance... Je serais venue à pied pour voir Antonin... Natalia : - Ya pas de quoi !... Euh, je vous comprends. Natalia referme. Aurélie : - Je suis certaine que vous nhabitez pas Valenciennes ! Brigitte : - Je pensais être la première en arrivant en avance... Natalia : - Je fais les présentations, Aurélie, première arrivée. Brigitte : - Enchantée. Aurélie : - En chansons... Je mentraîne... Il paraît que nous sommes au pays des gasconnades ! Natalia : - Et la gasconnadière en chef, Natalia, chargée par le maître dimproviser quand la pendule ne tourne pas rond. Brigitte : - Et cest le cas ? Natalia : - La centrale nucléaire détraque nos pendules. Aurélie, à Brigitte : - Cest un message codé ; Natalia, pourriez-vous traduire ? Nous navons pas grandi dans lombre du maître. Natalia : - Je répète une dernière fois : Antonin devrait être là... Aurélie : - Et il est ailleurs ! Brigitte : - Et personne ne sait où ? Natalia : - Qui sait avec lui ! Brigitte : - Oh ! La première guitare ! (elle sapproche du canapé) On sonne ! Natalia : - Je nai pas refermé à clé ! Aurélie : - Si ce nest lui, cest donc une autre.
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