théâtre populaire

théâtre populaire avec internet : pièces en accès gratuit et livres à tarifs décents


Le théâtre populaire, c'est un théâtre ouvert à toutes et tous. Il n'est pas nécessaire de prendre sa carte d'un parti politique ! Le théâtre indépendant et populaire, sans subvention.

L'argent n'est plus un frein au développement populaire du théâtre ! Même si les subventionnés sont toujours à la une. Alors que les libraires traditionnels n'accordent au théâtre qu'une place dérisoire (accaparée par les industriels qui ont leurs théâtreux), l'édition vraiment indépendante peut désormais vous proposer des livres à tarif décent en papier et bas prix en numérique.

Théâtre complet
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Exemple : Théâtre peut-être complet.
518 pages. Et seulement 20 euros en papier et 8 euros 99.

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L'édition indépendante permet désormais aux textes de circuler.
Théâtre enfants
Théâtre 4 femmes
Théâtre 6 femmes



Des pièces en accès libre et gratuit pour mieux permettre la circulation des textes écrits par des dramaturges loin du microcosme des installés.

Quelques débuts de pièces :

La libraire, debout derrière sa table, regarde sa montre, s’ennuie.
Olivier et Mayline ont rapproché leur chaise et discutent. Ils se connaissent depuis une quinzaine d’années, ont débuté ensemble les salons du livre dans leur région...


Mayline : - Je crois que ce midi, quand on reviendra de manger, tes slogans auront disparu.
Olivier : - Elle n’osera jamais.
Mayline : - Tu as vu comme elle te regarde !
Olivier : - Elle n’ose pas me demander un autographe !
Mayline : - Tu as quand même la grosse tête.
Olivier : - Au moins 97% des personnes qui me critiquent seraient prêtes à se compromettre dix fois plus que moi pour la moitié de ma notoriété.
Mayline : - Je me souviens de nos débuts...
Olivier : - Pour les organisateurs, j’étais un jeune con inconnu, donc ils me méprisaient, me toléraient uniquement comme animateur obtenu gratuitement pour leurs petites agitations locales. Maintenant, je suis un vieux con, un peu connu, alors ils me courtisent ! Ils croient important de pouvoir piailler « nous avons obtenu la présence du grand écrivain et auteur de chansons ! »
Mayline : - Et tu en profites.
Olivier : - Tu crois peut-être que je suis dupe ! Ils m’ont invité pour éviter mes critiques sur le site du département. C’est même pas leur choix, c’est le Conseiller Général, il espère être épargné ! Mais enfin, Mayline, ce n’est pas sérieux tout cela (il montre livres et CDs). Le jour où tu crois pouvoir te reposer sur ce que tu as fait, autant aller garder des moutons au Burkina Faso !
Mayline : - Mais je croyais que tu ne participais plus à ce genre de salon.
Olivier : - Je collectionne les invitations ! Tu veux connaître le montant du chèque !
Mayline : - Quoi, ils t’ont payé !
Olivier : - Et remboursement des frais de déplacement, hôtel hier soir et ce soir !
Mayline : - Tu déconnes ! Tu es à quarante kilomètres.
Olivier : - Hé alors ! Tu ne sais pas qu’un écrivain a besoin d’une bonne nuit avant d’affronter un salon exténuant ?
Mayline : - Et en plus ils t’ont payé !
Olivier : - Et toi, tu es comme moi avant ! Tes frais de déplacement sont de ta poche, tu payes ton repas du midi...
Mayline : - Pas toi !
Olivier : - Ce serait mesquin ! Et tu as payé ta place ! Tu comprends pourquoi il y a quelques années, j’ai décidé de boycotter les salons.
Mayline : - En plus, c’est quand tu étais rmiste, que ça t’aurait été utile d’être payé. Maintenant, j’ai l’impression que c’est une goutte d’eau.
Olivier : - J’ai depuis longtemps conceptualisé les conneries de la culture officielle, avec mon « non aux subventions ». En plus la chanson est une vraie pompe à fric !
Mayline : - C’est pas pour critiquer ! Tu me connais ! Mais parfois tu ne te casses pas !
Olivier : - Quand tu es connu, tu es sollicité et personne n’ose te dire non quand tu rends ta copie. Si ça se vend, tu es encore plus sollicité alors tu écris encore plus vite ! Le seul critère c’est la vente. Ça laisse du temps pour écrire des livres !
Mayline : - Faire du fric pour être tranquille, comme tu résumes.
Olivier : - Cette année mes seuls revenus internet me permettraient de vivre sans vendre le moindre livre. Alors que l’année prochaine, si je n’avais pas la chanson, je retomberais peut-être rmiste ! Il faut avoir conscience de la précarité de tout cela. Même la chanson finalement. Il suffit de trois bides consécutifs et ils feront appel à d’autres ! Si je vivais comme une star, un jour c’est sûr tu me verrais pleurer mes belles années !
Mayline : - Tu as remboursé depuis longtemps par tes impôts ce que tu as touché du Rmi.
Olivier : - Un jour les jeunes écrivains seront cotés en bourse. Tu te rends compte, si tu avais pris des actions du jeune écrivain, tu pourrais arrêter de travailler.
Mayline : - Mais si tu avais pris les miennes ! De toute manière, tu le sais, je suis contre le capitalisme.
Olivier : - Pendant des années tu as vécu comme une française moyenne alors que j’étais rmiste. Il faut bien qu’il y ait une certaine logique. Etre écrivain c’est à plein temps !
Mayline : - Une française moyenne, tu exagères ! Si je ne te connaissais pas je te prendrais pour un pistonné qui n’y connaît rien à la réalité !
Olivier : - J’ai simplement observé le monde tel qu’il est. Et j’ai essayé de trouver la meilleure solution.
Mayline : - Mais moi, si je refuse qu’on se foute de ma gueule, je fais quoi ?
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Autre début :

Paul : - Vous savez pourquoi il a pris un pseudonyme ?
Corinne : - Parce qu’un pseudo, ça donne un genre.
Christophe : - C’est simple : lui qui se croit si grand, ne pouvait plus supporter de vendre des livres sous le nom de Petit.
Corinne : - Olivier Petit, c’est vrai, on ne peut pas plus banal... Donc ça collait parfaitement à ses textes !
Paul : - Oh Corinne ! Même moi je n’aurais pas osé.
Corinne : - Allez, toi qui as toute une journée été le voisin de sa sainteté le plus jeune d’entre nous, dis-nous pourquoi il édite désormais ses (avec emphase) « oeuvres » sous pseudo.
Paul : - Un peu de tout ce que vous avez suggéré, naturellement, on le sait tous, mais il m’a avoué la raison principale.
Corinne : - Et tu l’as cru ?
Paul : - Ça ne signifie évidemment pas qu’il s’agit de la vérité, mais on peut affirmer qu’en ce samedi il voulait que je retienne cette version.
Corinne : - Donc, comme tout chez lui, c’est du préfabriqué, c’est de la mise en scène.
Paul : - Là, je ne lui donne pas tout à fait tort, n’oublie pas la manière dont Jean Cocteau définissait le roman, (en appuyant fortement :) un mensonge qui dit la vérité.
Christophe : - Mais s’il était romancier, ça se saurait.
Corinne : - Je suis quand même allée jusqu’à la page 52 de son premier roman... Vous pourriez m’applaudir !
Christophe : - T’as quand même pas acheté son bouquin !... Alors que tu n’achètes jamais les miens !
Corinne : - Bin si !... Mais sans illusion littéraire... Je suis naïve peut-être, je pensais qu’en contrepartie il parlerait de moi sur internet.
Christophe : - Et il a encaissé ton blé, en liquide forcément, je connais l’oiseau. Et sur ses sites il ne parle que de lui, veut se faire passer pour un vrai écrivain.
Corinne : - Ecrivain multi-facettes !
Christophe : - Fossettes on dit, multi-fossettes (personne ne prêtant attention à sa remarque, il laisse échapper une moue de déception).
Paul : - En fait, il s’essaye un peu à tout, après la poésie, les nouvelles, la chanson, je n’ose dire, vu le niveau, le roman, et monsieur nous annonce ses ambitions théâtrales ! Il est plus à plaindre qu’à moquer ! Ça doit être terrible, d’être nul en tout !
Corinne : - Tu devrais être critique littéraire !
Paul : - Je l’ai été... Dans ma jeunesse... Après avoir arrêté l’enseignement. Mais j’en ai eu vite marre d’écrire de bons articles sur de mauvais livres.
Christophe : - Comme Corinne avec l’autre, tu espérais le renvoi d’ascenseur !
Corinne : - C’est notre maladie ça, on rêve !
Christophe : - Moi j’ai compris depuis longtemps : j’ai aussi aidé les copains mais à chaque fois je passais pour un con. C’est triste mais c’est chacun pour soi dans ce milieu ! On est des loups !
Corinne : - On le sait Christophe, que tu as pompé trois sites internet pour écrire ton dernier livre et maintenant tu passes pour un spécialiste du loup ! Encore un effort et tu seras invité à la télé ! Prépare ton déguisement !
Christophe : - Je dirai plus rien. A chaque fois que je fais une confidence, ça me retombe sur le coin de la gueule ! Mais merde, au prix où je suis payé, je vais quand même pas partir quinze jours en Autriche observer des loups ! Et puis merde ! Tout le monde fait comme ça dans le livre documentaire ! Surtout pour enfants ! Y’a pas que l’autre cinglé qui sache utiliser internet !
Corinne : - Reverse-lui un verre, sinon il risque de se métamorphoser en loup (Paul ressert un apéritif, ils trinquent).
Paul : - Ça ne vous intéresse pas, alors, pourquoi il est passé de Petit à Ternoise, notre futur partenaire de belote.
Corinne, en souriant : - Si si, naturellement, c’est passionnant d’avance, dépêche-toi avant qu’il n’arrive, c’est une information essentielle.
Paul : - Ah ! Corinne ! Est-ce que moi je lui en veux de son acrostiche disons déplacé.
Corinne : - Il s’est même essayé aux acrostiches ! Mais toi... dès qu’un mec est plus jeune que toi, tu t’enflammes.
Paul : - Je m’enflamme, je m’enflamme... Nettement moins qu’avant... Même pour ça je vieillis...
Christophe : - Tout plutôt que la vieillesse ! Allez parle-nous du pseudo... Le pseudo, le pseudo (se met à chantonner), le pseudo, le pseudo... (accompagné par Corinne au troisième)
Paul : - Puisqu’à l’unanimité... Mais promettez-moi de ne pas lui rapporter que je vous ai raconté sans exposer ses arguments alors déclamés comme les émanations d’un maître incontesté.
Corinne : - Tu nous connais.
Christophe : - Allez, de toute manière, il ne doit pas avoir d’illusion sur notre estime, même littéraire.
Paul : - Détrompe-toi ! Je suis certain qu’il est persuadé d’être le meilleur d’entre nous et qu’on le considère même ainsi.
Corinne : - Ça m’rappelle quelqu’un, « le meilleur d’entre ».
Paul : - Mais qu’est-ce qu’il devient ce... Ah !... Il a été notre Premier ministre et je ne me souviens même plus de son nom... Comme quoi il m’a nettement moins marqué que ce cher et si romantique Charlus...
Corinne : - Alain. Alain Juppé.
Christophe, chantonne : - Le million. Le pseudo, le pseudo...
Paul : - Donc ? Selon notre brave collègue, la lettre P étant déjà occupée par PROUST, il lui fallait une lettre où il pourrait trôner pour des siècles et des siècles.
Corinne : - C’était une boutade, quand même ! Faut être réaliste parfois !
Paul : - Tu sais, il a nettement plus d’orgueil que d’humour, ce petit.
Christophe : - A la lettre T, il doit bien y en avoir tout un wagon qui passe devant lui.
Corinne : - Tu veux dire que même le train, en faisant Tchou Tchou, s’inscrit plus dans la littérature que lui.
Paul, en riant : - Oh Corinne ! Tchou Tchou ! Tu devrais écrire du théâtre !
Corinne : - Mais j’en ai écrit. Trois pièces même.
Paul : - Ah ! (il joue l’intéressé) Et elles ont été représentées ?
Corinne : - Pas encore. J’espère bien quand même, qu’un jour. J’avais un contact au Québec...
Christophe : - Mais il a pris froid !
Paul : - Moi j’en écris plus, j’ai peut-être tort, puisque ma pièce diffusée sur France-Culture avait eu d’excellentes critiques. Mais on ne me demande plus rien... Sinon j’ai bien quelques idées...
Corinne : - J’aurais bien aimé avoir ton avis de professionnel sur mon théâtre.
Paul : - Il faut le publier ton théâtre... Ou la prochaine fois, apporte-moi une copie de tes manuscrits, dédicacée « à Paul avec mon admiration ».
Corinne : - La tentation de Ouaga... Le modeste et néanmoins peut-être génial livre que je t’ai échangé l’année dernière contre ton roman, c’était ma troisième pièce...
Paul, gêné : - Corinne... (on sent qu’il réfléchit) Il faut que je t’avoue. J’avais un copain, un petit jeune, un apprenti maçon avec des muscles, mignon mais mignon, je te dis pas... Je ne t’en ai jamais parlé, je n’ai pas vraiment eu le temps il faut dire, il passait pourtant souvent. Le soir même du salon du livre de notre échange, je m’en souviens comme si c’était hier, le ciel était d’un bleu à réveiller les tulipes ; il a ouvert ton livre, il devait sentir le génie.
Corinne, en souriant : - Le génie se sentait dans la pièce... Tu veux dire.
Paul : - Je me souviens très bien, il m’a dit, ah !, je revois encore sa petite frimousse, son petit sourire coquin quand il m’a dit « Mais ça a l’air super, vraiment super. Ah ouais ! Je peux te l’emprunter ? » Naturellement, tu me connais, je ne pouvais pas réfréner sa soif de connaissances. Il m’avait promis de me le ramener la semaine suivante, parce que moi aussi j’étais impatient de te lire, et le petit scélérat, il ne me l’a jamais rendu.
Corinne : - Selon toi, j’ai donc de l’avenir dans le théâtre ouvrier.
Paul : - Au fait, tu as apprécié mes... Nouvelles ?
Corinne, sourit, un peu gênée à son tour : - Si je te jure qu’une copine me les a empruntées à long terme, connaissant ma vie sexuelle, tu ne me croiras sûrement pas...
Christophe : - Jure sur la tête de l’autre !
Corinne : - Mais c’est terrible, je n’ai plus le temps de lire, j’écris durant les congés, et le reste du temps, quand je rentre le soir, je suis crevée, alors je me dis, vivement vendredi, et le vendredi, ah ! enfin le week-end, mais il me faut maintenant tout un week-end pour récupérer... Je crois que je vieillis aussi...
Christophe : - Tu ne vas pas t’y mettre aussi.
Paul : - Je te l’ai toujours dit, tu aurais dû faire comme moi. Enseigner, ça te bouffe la vie. Je ne regrette nullement mes sept années d’enseignement mais c’était amplement suffisant.
Corinne : - Déjà que je n’arrive pas à vivre avec un salaire, alors, le Rmi...
Paul : - Je suis certain, même financièrement, je m’en sortirais pas mieux avec un salaire. Tu vois, le Rmi, ça laisse vachement de temps. Et puis de temps en temps, j’anime un atelier d’écriture.
Christophe : - Avec tes acrostiches en plus, tu dois être le plus riche d’entre nous.
Corinne : - Mais je n’ai aucun talent pour les acrostiches.



Autre début :



Natalia seule dans la salle de réception. Elle marche de long en large, tout en regardant sa montre, inquiète.

Natalia, en arpentant la scène : - Je ne marche pas par nécessité. Mais ça me calme ! Calme-toi Natalia, puisque tu marches ! Tu fais tout ce qu’il faut pour recouvrer ton calme légendaire. Respire ! (elle respire profondément) Oui, avec le ventre, c’est bien...

Elle continue en silence à marcher, inspirer et expirer profondément.

Natalia : - La première va arriver... Elle va arriver, j’en suis certaine... Tout va encore foirer et ça va retomber sur qui ? Sur ma tronche comme d’habitude... Je ne me suis quand même pas trompée de jour ? (elle prend une chemise sur le bureau, l’ouvre...) Ce serait une belle histoire à raconter ! (elle sourit) Natalia panique mais elle s’était trompée de jour !... Non, c’est bien aujourd’hui...
L’arnaqueur de fleuriste a livré ce matin, donc c’est bien aujourd’hui !... Et la première va arriver. (silence) Mais qu’est-ce qu’il veut se prouver ! Il a tout : l’argent, la gloire, sept résidences secondaires, deux Porsche, une Ferrari, un 4x4, des vignes, des autruches, des bisons, des enfants. Comme elles sont belles ses filles ! Pauvres petites filles riches, va ! Comme ça doit être invivable, fille de star !... Pratique, génial, inespéré. Mais invivable après 17 ans !...
Le fou ! Tout ça à cause de quelques rides ! Qu’est-ce qu’il croyait ! Un jour même la chirurgie esthétique ne peut plus rien ! Et de l’autre, qui s’amuse, avec ses parodies. Quel impertinent ! Mais comme c’est drôle ! (elle éclate de rire) Après tout, je m’en fous si tout foire. Pierre qui roule n’amasse pas mousse ! (elle lance la chemise sur le bureau ; peu importe si elle atteint sa cible) Natalia philosophe, parfaitement (elle se vautre dans le canapé) Si j’étais star, je crois que, moi aussi j’aurais des caprices de star. (de sa main droite elle mime un éventail) Mais pas sept !

On Sonne.
Natalia : - Oh peuchère ! Enfin ! Il a fini de se maquiller ! Oh ! Les lumières !...

Elle se lève, se précipite sur les interrupteurs – après quelques essais transforme la pièce, qui devient très intimiste – et fonce vers la porte, s’arrête, souffle, ouvre, s’apprête à sauter au cou de son idole... (même si elle est salariée de « l’association », elle reste fan) C’est Aurélie... Natalia s’arrête net.

Aurélie, un petit sac en main, surprise : - Je suis la première ? Je suis un peu en avance ?
Natalia, se reprenant : - Entrez, entrez, Aurélie.
Aurélie : - Comme vous connaissez mon prénom, j’en déduis que je ne me suis pas trompée d’adresse (elle observe le décor, qu’elle doit juger très... intimiste).
Natalia : - Entrez, entrez, Aurélie. Antonin devrait être là, il a... un léger retard.
Aurélie : - Ah, je comprends, c’est lui que vous vous apprêtiez à accueillir d’une manière aussi fougueuse !
Natalia : - Mais non, mais non... J’ai glissé.
Aurélie, en souriant : - Et je suis la première ?
Natalia : - Naturellement... Je veux dire, vous pouvez le constater.

Natalia referme la porte.

Aurélie : - Oh ! La première guitare !
Natalia : - C’est même pas vrai... (se reprenant) Oui, la première guitare d’Antonin (comme si elle récitait) sur laquelle, seul dans son jardin, il a composé ses premiers succès.
Aurélie : - Oh ! Comme c’est touchant de la voir en vrai.
Natalia : - Je vais le rappeler... (elle sort son portable d’une poche et appelle ; à Aurélie :) C’est toujours son répondeur. C’est son répondeur depuis une heure. Je l’ai bien déjà appelé dix fois (elle range son portable).
Aurélie : - J’espère qu’il ne lui est rien arrivé de grave ! Ce serait trop bête ! J’ai tellement rêvé de cet instant ! Rencontrer Antonin ! Pouvoir lui parler comme je vous parle...
Natalia : - Parler, parler, ce n’est pas son fort, à l’Antonin !
Aurélie : - Pourtant, à la télé, il a l’air toujours tellement à l’aise, et si calme, si souriant...
Natalia : - Avec un prompteur, tout le monde serait comme lui ! (face au regard interloqué d’Aurélie, Natalia réalise qu’elle s’exprime devant une lauréate) Mais non ! Je plaisante ! Nous sommes dans le sud-ouest ici, nous avons la galéjade facile.
Aurélie : - Je croyais que la galéjade, c’était à Marseille.
Natalia : - Je voulais dire la gasconnade.
Aurélie : - Gasconnade, Gascogne, Gascon, c’est donc vrai : le caractère des Gascons était très haut en couleur ? C’était bien au temps de la langue d’Oc ? Après l’empire romain ?
Natalia : - Je suis là pour vous accueillir. L’office de tourisme c’est à côté... Je vous l’ai dit, la Garonne nous irrigue, donc nous avons la plaisanterie facile. Comme vous êtes de Paris, vous ne comprendrez pas toujours !
Aurélie : - Je suis de Châteauroux.
Natalia : - Je le sais parfaitement, 28 ter rue Romanette Boutou. Mais pour nous, au-dessus de Brive, c’est le pôle Nord.
Aurélie : - C’est une gasconnade !
Natalia : - Vous comprenez vite... J’allais ajouter pour une parisienne ! Je vous bouscule un peu, c’est juste pour noyer mon anxiété ! Je noie mon anxiété dans la Garonne ! Je vous l’avoue sans chinois, sans chichis même : je ne comprends pas pourquoi Antonin n’est pas à ma place et moi derrière la caméra.
Aurélie : - La caméra ?
Natalia : - Euh... Oui pour vous offrir la cassette de votre rencontre.
Aurélie : - Ah ! Quelle délicatesse !... Comme c’est touchant. Et vous travaillez depuis longtemps avec Antonin ?... Je me permets de dire Antonin, parce que sur son courrier si poétique, il notait : « Appelez-moi Antonin quand nous aurons la chance d’enfin croiser nos regards. »
Natalia : - C’est plus intime. Antonin avec un A comme Amour ! C’est toujours mieux que son véritable prénom !
Aurélie : - Comment ? Antonin est un pseudonyme ?
Natalia : - Qu’est-ce qui vous fait penser cela ?
Aurélie : - Vous !... Pourtant j’ai lu toutes ses biographies et pas une ne signale un pseudonyme.
Natalia : - Il faudra vous y faire ! Ici on cause avec des images.
Aurélie : - La terre du grand poète.
Natalia : - Comme recopient les journalistes !
Aurélie : - Comme je suis heureuse d’être ici ! Je me demandais si c’était lui qui allait m’ouvrir. Comme j’aurais été intimidée !
Natalia : - Il doit y avoir des moustaches dans le bureau. Tu veux que je les mette ?
Aurélie : - C’est une gasconnade ?
Natalia : - On est dans le show-biz ici, après cinq minutes on se tutoie, après sept on s’embrasse sur la bouche.

Aurélie se recule.

Natalia : - C’est une des célèbres phrases de notre poète local ! Les aphorismes du moustachu ! Il devrait être là, nous voguons à vue, nous sommes en totale improvisation. Et je n’aime pas ça ! (elle ressort de sa poche son portable et le rappelle). Toujours la messagerie. « Antonin, la première lauréate est impatiente de te voir en chair et en os. Et plus si affinités » (elle pose son portable sur la table).
Aurélie : - Encore une gasconnade !

On sonne.

Natalia : - Ne rêvez pas, je n’ai pas refermé à clé ! Quand il est en retard, avant de sonner, Antonin tourne toujours la poignée pour entrer discrètement, avec son petit air d’enfant de choeur pris en faute avec le verre de vin blanc de monsieur le curé aux lèvres !
Aurélie : - Ah !
Natalia : - Ma mère l’a vu enfant de choeur, c’était en... (se reprenant) Je vous parie que c’est Brigitte, 42 rue Pasteur, une de vos co-lauréates.
Aurélie : - Vous êtes voyante ?
Natalia : - Les gasconnades de Châteauroux, c’est comme un Antonin sans moustaches.

Natalia va à la porte, ouvre.

Natalia : - Bonjour Brigitte.
Brigitte : - Je suis en avance... Je serais venue à pied pour voir Antonin...
Natalia : - Y’a pas de quoi !... Euh, je vous comprends.

Natalia referme.

Aurélie : - Je suis certaine que vous n’habitez pas Valenciennes !
Brigitte : - Je pensais être la première en arrivant en avance...
Natalia : - Je fais les présentations, Aurélie, première arrivée.
Brigitte : - Enchantée.
Aurélie : - En chansons... Je m’entraîne... Il paraît que nous sommes au pays des gasconnades !
Natalia : - Et la gasconnadière en chef, Natalia, chargée par le maître d’improviser quand la pendule ne tourne pas rond.
Brigitte : - Et c’est le cas ?
Natalia : - La centrale nucléaire détraque nos pendules.
Aurélie, à Brigitte : - C’est un message codé ; Natalia, pourriez-vous traduire ? Nous n’avons pas grandi dans l’ombre du maître.
Natalia : - Je répète une dernière fois : Antonin devrait être là...
Aurélie : - Et il est ailleurs !
Brigitte : - Et personne ne sait où ?
Natalia : - Qui sait avec lui !
Brigitte : - Oh ! La première guitare ! (elle s’approche du canapé)

On sonne !

Natalia : - Je n’ai pas refermé à clé !
Aurélie : - Si ce n’est lui, c’est donc une autre.

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- du 22 septembre 2014 à 13 heures 37 (validé)
de la part de Alain a noté : Pièce de théatre
Bonjour,
Nous sommes une troupe de 6 femmes et 2 hommes et nous souhaiterions
interpréter en juin 2014 une pièce de théâtre humoristique, drôle, un peu
dégentée.
Auriez -vous une pièce à proposer ?
Merci par avance de votre réponse
Cordialement

- du 20 mai 2014 à 20 heures 53 (validé)
de la part de Clément a noté : Bonjour, nous sommes une petite troupe de théâtre amateur et nous recherchons une pièce comique avec pour distribution 2 HOMMES et 3 FEMMES.
- du 26 mai 2013 à 16 heures 46 (validé)
de la part de laurence a noté : recherche de piece
Bonjour, nous venons de créer une troupe de théâtre et nous recherchons une pièce comique qui serait jouée par 4 femmes. Auriez-vous une idée ?
Merci, Cordialement